L'impact et les conséquences de leur combat

Des évolutions littéraires et scientifiques

De nos jours, le siècle des Lumières demeure une période prospère grâce à de nombreuses évolutions sous différentes formes. En effet, les progrès à la fois littéraires et scientifiques priment généralement sur les aspects plus négatifs, comme le mal du siècle naissant sous l'essor des Lumières. L'universalité des domaines concernés par les évolutions des Lumières témoigne de leur grande importance. Que ce soit à travers les Lettres, avec la littérature ou la philosophie, ou bien à travers les sciences, avec les découvertes astronomiques, physiques ou chimiques, les personnages aujourd'hui encore renommés demeurent des hommes. En effet, les témoignages sur les nombreux progrès réitèrent systématiquement les noms de Diderot, Voltaire, Rousseau ou Montesquieu pour la littérature ; ou Copernic, Lavoisier et Newton pour les sciences. Toutefois, malgré leurs difficultés à s'imposer en tant que femmes érudites, certains esprits féminins parviendront à marquer l'histoire par leur contribution à la fondation d'un nouveau monde révolutionnaire et regorgeant de nouveaux principes et idéaux.

Astronomie : Caroline Herschel

Après avoir reçu secrètement une éducation digne par son père, Caroline Herschel, future astronome allemande, se prit de passion pour les sciences. Elle débuta sa carrière scientifique en assistant son frère William, grand passionné de mathématiques et d'astronomie qui lui transmetta ses savoirs et son adulation pour l'art des astres et des calculs. Malgré sa place de « sexe inférieur »,


Caroline tenta de s'imposer grâce à ses talents et ses connaissances dans un monde en développement moral continuel. Elle y parvint finalement en ayant été la première femme rémunérée pour ses travaux scientifiques, en obtenant la médaille d'or de la Royal Astonomical Society en 1828 pour avoir découvert de nombreuses comètes et nébuleuses. Caroline Herschel marqua les esprits du siècle en participant à la découverte d'un monde au-delà du ciel, également par la création de la première représentation de La Voie Lactée.


Chimie : Marie-Anne Pierrette Paulze

Lors de la publication en 1774 du premier ouvrage scientifique d'Antoine Lavoisier, Opuscules physiques et chimiques, son épouse Marie-Anne Paulze lui demanda qu'il lui enseigne la chimie.

L'homme ouvert d'esprit et compréhensif qu'était Lavoisier accepta d'inculquer les principes de la chimie à sa femme, qui l'apprit très rapidement et devint bientôt une collaboratrice irremplaçable pour lui. Marie-Anne Pierrette Paulze participa aux œuvres de son compagnon en retranscrivant ses travaux afin les traduire en plusieurs langues. Dès lors de l'intégration de Marie-Anne dans le laboratoire, le couple se met à travailler durement et tous les jours sur de nouvelles expériences scientifiques, se levant à cinq heures du matin en travaillant dans le laboratoire jusqu'à 21 heures. Lors de la publication de son Traité sur la chimie en 1789, Antoine Lavoisier bénéficia du soutien de son épouse, qui assista fidèlement ses travaux et illustra l'œuvre de treize gravures sur cuivre. Marie-Anne faisait donc partie de ces femmes acceptées par leur entourage comme membre à part entière des progrès scientifiques ou littéraires, mais n'étant pas reconnues par la société, pour leur contribution d'apparence minime mais portant un véritable intérêt sur la réalisation finale des projets.

Littérature : Sophie Cottin

Du côté de la littérature, et malgré les risques proéminents de censure, de nombreuses femmes érudites s'imposèrent par leurs œuvres singulières. Sophie Cottin, une jeune écrivaine française née le 22 mars 1770 dans la région de la Nouvelle-Aquitaine, fut élevée autour d'une mère férue de littérature, d'écriture et d'arts. Son jeune esprit, inspiré par les bonheurs simples de la vie, la conduit à demeurer une femme d'une nature très tendre et aimable, se contentant de peu et jouissant d'une vie, aussi bien monotone que divertissante.

Après la mort imprévue de son époux Jean Paul Marie Cottin pendant la révolution, la jeune veuve sombra dans un deuil profond, privée de devenir mère et d'avenir familial. Son premier roman, Clair d'Albe fut publié en anonyme en 1798. Cette œuvre engagée contribua à arranger l'évasion du comte de Vaublanc, condamné à fuir une France ayant ordonné son exécution. Sophie Cottin publia en 1800 et 1802, Malvina et Amelie Mansfield, deux de ses romans les plus célèbres, de façon anonyme afin d'effacer les risques de censure ou de critique. Malgré tout, elle décida de divulguer sous son propre nom ses deux dernières œuvres Mathilde ou Mémoires tirés de l'histoire des croisades, et Élisabeth ou les Exilés de Sibérie en acceptant les critiques, qui la motivèrent à plus juste raison dans une écriture d'autant plus perfectionnée. En somme, Sophie Cottin contribua par son écriture à la fois anonyme mais également assumée avec la publication sous son vrai nom de deux de ses œuvres, à une évolution littéraire et morale des esprits du XVIII ème siècle. Malgré les critiques et préjugés qu'elle reçut, Sophie se contenta uniquement de se perfectionner sans prêter attention aux âmes renfermées.


La Belle et la Bête

un grand classique de la littérature de contes pour enfants, fut érigé en 1740 de façon anonyme dans La Jeune Américaine et les contes marins. La rédaction de cette grande œuvre est en réalité due à Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, une romancière française très inspirée par les hauts esprits du siècle précédent comme Charles Perrault ou Marie-Catherine d'Aulnoy

Cependant, son œuvre ne connut un réel succès qu'après la réédition abrégée de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont dans son livre Le Magasin des enfants, en 1757. Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, née en 1711 à Rouen, fut une écrivaine et romancière des Lumières, connue pour ses nombreuses œuvres d'enfance et jeunesse.

Jeanne-Marie fut en effet un personnage féminin important avec la rédaction de nombreux contes comme Aurore et Aimée, Le conte des trois souhaits, ou avec sa réécriture célèbre de La Belle et la Bête, mais aussi en étant considérée comme l'une des premières femmes auteures de ce genre.


En définitive,

une vision plus féminine s'imposa au siècle des Lumières au cours des grands progrès littéraires ou scientifiques. Malgré leur faible reconnaissance, les femmes de ce siècle ne perdirent pas espoir quant à la pertinence de leurs tâches, victimes des forts préjugés misogynes d'esprits renfermés. Grâce à leur force morale, ces femmes demeurent aujourd'hui nettement plus considérées qu'auparavant, de par la présence de leur nom, gravé dans les mémoires des hommes et femmes de Lettres actuels, mais également pour avoir démontré l'exemple d'une persévérance sans limites de ne pas abandonner ou se laisser abattre par les critiques infondées de la société.

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